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Hibernation des tortues terrestres : comment préparer l’hiver ?

Photo du rédacteur: Reptiles-Planet
Reptiles-Planet
il y a 12 heures
6 min de lecture

À l’approche de l’automne, quelque chose change peu à peu dans le parc. Votre tortue profite encore de quelques rayons de soleil, grignote les plantes qui l’entourent, puis retourne s’abriter. Les sorties deviennent plus courtes, les déplacements plus rares et l’appétit diminue progressivement.


Lorsqu’on observe ce phénomène pour la première fois, il peut être assez déroutant. Faut-il continuer à la nourrir ? Est-elle simplement moins active à cause du froid ? Est-elle déjà en train de préparer son hibernation ?

Chez la tortue d’Hermann et les autres espèces concernées par l’hibernation, ces changements accompagnent pourtant une étape naturelle du cycle annuel.


Alors, que se passe-t-il réellement ? Et surtout, que faut-il prévoir pour l’aider à traverser l’hiver dans de bonnes conditions ?


Quand les températures baissent, tout l’organisme ralentit


La température corporelle d’une tortue dépend de celle de son environnement. Avec l’arrivée des journées plus fraîches, son organisme commence donc naturellement à fonctionner au ralenti.


Elle se déplace moins, sa digestion ralentit et elle réduit progressivement sa prise alimentaire. L’hibernation lui permettra ensuite de traverser la saison froide en limitant ses dépenses énergétiques et en utilisant ses réserves.

Attention cependant à ne pas généraliser : toutes les tortues terrestres ne suivent pas le même rythme.


Avant de préparer l’hiver, il est donc essentiel de connaître précisément l’espèce que l’on possède et ses besoins. Les conditions adaptées à une tortue d’Hermann ne peuvent pas être appliquées automatiquement à toutes les autres tortues.


Et les jeunes tortues ? Elles hibernent aussi


On pourrait être tenté de maintenir une très jeune tortue active pendant son premier hiver, simplement parce qu’elle paraît encore petite et fragile.


Chez la tortue d’Hermann, l’hibernation fait pourtant partie du cycle naturel dès la première année de vie. Dans la nature, les jeunes tortues traversent elles aussi cette période de repos.


Leur petite taille ne constitue donc pas, à elle seule, une raison de les empêcher d’hiberner. En revanche, leur état de santé et les conditions dans lesquelles se déroulera leur repos demandent une attention particulière.


Un vétérinaire NAC habitué aux reptiles pourra évaluer leur aptitude à hiberner et conseiller une préparation adaptée. Une jeune tortue affaiblie ou malade ne doit pas être laissée entrer en repos sans cet avis.


Pas de date précise : c’est la tortue qui donne le rythme


L’hibernation ne commence pas parce qu’une date particulière apparaît sur le calendrier.


Les journées raccourcissent, les températures baissent et la tortue adapte progressivement son comportement. Elle sort moins souvent, reste davantage dans son abri et finit par cesser de s’alimenter.

Cette préparation commence en réalité bien avant l’automne.


Un enclos suffisamment végétalisé lui permet, durant sa saison d’activité, de brouter des plantes sauvages adaptées à ses besoins, comme les pissenlits, les mauves ou les chicorées sauvages... Cette végétation doit être variée, correctement identifiée et exempte de traitements chimiques.


À l’approche de l’hibernation, inutile donc de chercher à la faire manger davantage « pour qu’elle ait des réserves ». Sa préparation repose avant tout sur les bonnes conditions dont elle a bénéficié pendant toute sa période d’activité.


Avant l’hibernation, un point sur sa santé


Une tortue qui ralentit en automne adopte un comportement attendu. Mais la saison ne doit pas non plus servir à expliquer automatiquement tout changement de comportement.


Un bilan auprès d’un vétérinaire NAC permet d’évaluer son état de santé et son aptitude à hiberner. Mieux vaut le prévoir suffisamment tôt : si un problème est détecté, il restera ainsi du temps pour le prendre en charge avant le repos.

Une pesée permet également d’obtenir un point de référence utile.


Elle ne remplace toutefois pas l’observation de l’animal ni un examen. Un écoulement nasal, des yeux anormalement fermés ou un amaigrissement méritent notamment une attention particulière.


Pour hiberner dehors, elle doit pouvoir s’enfouir


Une cabane remplie de feuilles et simplement posée sur un sol dur ne permet pas à la tortue de s’enterrer comme elle pourrait le faire dans la terre.


Pour une hibernation naturelle, il faut donc lui offrir un sol dans lequel elle pourra s’enfouir.


Une fosse d’hibernation peut être préparée en ameublissant la terre sur environ 50 à 60 cm de profondeur. Cela ne signifie pas que votre tortue ira nécessairement s’enterrer à 60 cm ! Cette profondeur permet simplement de lui laisser suffisamment de terre accessible pour choisir elle-même son niveau d’enfouissement.


L’aménagement doit bien entendu tenir compte du terrain et du climat local.


Le choix de l’emplacement est particulièrement important. La zone doit être bien drainée et éloignée des endroits où l’eau a tendance à s’accumuler. Lors de fortes pluies, la fosse ne doit surtout pas se transformer en cuvette.

Un abri installé au-dessus permet de protéger la zone des précipitations excessives.


Et mieux vaut anticiper : cet aménagement doit être réalisé avant que la tortue ait choisi de s’installer pour l’hiver. Une fois qu’elle dort, l’objectif sera justement de ne plus remuer la terre autour d’elle.


Des feuilles mortes pour compléter sa protection


Lorsque la tortue s’est enterrée, des feuilles mortes peuvent venir compléter la protection de la zone d’hibernation.

Mais toutes les feuilles ne vieillissent pas de la même manière. Certaines se décomposent rapidement et peuvent finir par former une couche compacte.


Les feuilles de chêne ont l’avantage de se décomposer relativement lentement. Elles constituent donc un choix intéressant.


Une fois la tortue enfouie, une couche de feuilles de chêne bien sèches peut être disposée au-dessus de la terre. Elle contribue à atténuer les variations de température et apporte une protection supplémentaire.


Les feuilles complètent toutefois l’enfouissement : elles ne le remplacent pas. L’abri doit également permettre de les protéger des fortes pluies et, en cas de gel prolongé, cette couche ne garantit pas à elle seule une protection suffisante.


Un danger auquel on ne pense pas toujours : les rongeurs


Pendant son hibernation, la tortue est engourdie et particulièrement vulnérable. Elle peut notamment être exposée aux attaques de rongeurs.


La préparation de la fosse peut donc intégrer un grillage solide à mailles fines afin de limiter leur accès, tout en laissant à la tortue la possibilité de s’enfouir normalement.


Même avec une installation soigneusement protégée, le risque ne peut cependant pas être totalement écarté.

Il faudra donc continuer à jeter régulièrement un œil à l’abri pendant l’hiver.


Surveiller, oui. La déranger, non.


Une tortue enterrée pour l’hiver n’a pas besoin d’être déterrée pour vérifier que tout va bien. La surveillance porte avant tout sur ce qui se passe autour d’elle.


Après de fortes pluies, vérifiez que l’eau ne s’accumule pas dans la zone d’hibernation. Lors d’une vague de froid, assurez-vous que les protections sont toujours correctement en place. Quelques traces de passage ou une dégradation de l’abri peuvent également révéler la présence de rongeurs.


L’objectif est de surveiller son environnement sans déplacer la terre ni perturber son repos.


Il existe évidemment des situations où intervenir devient nécessaire. Si la zone d’hibernation est par exemple menacée par une inondation, l’animal doit être mis en sécurité et il faut demander conseil à un vétérinaire NAC.


Et si la tortue doit hiberner en caisson ?


Certaines situations rendent l’hibernation naturelle dans l’enclos difficile à maintenir. C’est notamment le cas lorsqu’un déménagement est prévu pendant l’hiver.


Un caisson peut alors offrir un lieu d’hibernation indépendant de l’enclos. Mais là encore, mieux vaut avoir tout prévu avant que la tortue soit profondément installée dans son repos.

Le point essentiel est de ne pas placer dans le caisson une tortue encore éveillée et active. Le transfert se fait lorsqu’elle est en début d’hibernation.


Une caisse solide et suffisamment profonde est garnie de terre de jardin meuble et non traitée. La tortue est délicatement posée à la surface : on ne l’enterre pas soi-même. Elle doit pouvoir s’enfouir naturellement dans la terre. Une fois qu’elle s’est enterrée, une couche de feuilles de chêne bien sèches est ajoutée au-dessus.

Le caisson doit rester aéré et ses ouvertures protégées par un grillage métallique à mailles fines pour limiter l’accès des rongeurs.


Il est ensuite installé dans un endroit calme, sombre et hors gel, où la température reste stable autour de 5 °C. On veille à ce qu’elle reste sous 7 °C afin de limiter les reprises d’activité pendant l’hibernation.

Autre point à surveiller : l’humidité de la terre.


Sans déterrer la tortue, il faut vérifier régulièrement que le substrat ne sèche pas complètement, mais qu’il ne devienne pas non plus détrempé. Si nécessaire, la terre peut être légèrement humidifiée afin de limiter le dessèchement.

Enfin, le moment du transfert et les conditions du transport doivent être préparés avec un vétérinaire NAC, en limitant autant que possible les secousses et les changements de température.


Pendant qu’elle dort, le parc peut déjà préparer son réveil


Pendant plusieurs semaines, le parc semble soudain bien vide. Pourtant, cette période peut être mise à profit pour préparer la saison suivante.


Sans toucher à la zone où votre tortue hiberne, vous pouvez améliorer les autres parties de son enclos, envisager un agrandissement, vérifier les clôtures, créer de nouvelles cachettes ou planter de nouveaux végétaux adaptés à son alimentation.


Les travaux doivent simplement rester suffisamment éloignés de la zone de repos pour ne pas perturber son hibernation.


Lorsque les premières journées favorables reviendront et que votre tortue retrouvera progressivement son parc, celui-ci sera déjà prêt à l’accueillir.

Et elle aura peut-être quelques nouvelles plantes à découvrir… et surtout à brouter.


 

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